Alcheringa

Visite d’une exploitation de cannes à sucre avec un expert en Agro-écologie (Queensland)

Quelques jours à Cairns avec Derek

Décidément la chance nous a suivi tout au long de notre aventure, nous avons pu faire de nouveau une rencontre très intéressante lors de notre arrivée à Cairns… Nous étions à la recherche d’un Couchsurfing pour la nuit avant de nous rendre à notre prochain Wwoofing à Ravenshoe. Leslie a répondu positivement à notre demande et a accepté de nous héberger chez elle pour la nuit. Elle travaille pour la galerie d’art de Cairns et s’occupe d’organiser des événements culturels dans toute la ville.

En fin de soirée, nous avons rencontré son mari Derek une personne très sympathique et surtout très drôle qui nous a tout de suite mit à l’aise chez lui. La véritable surprise a été d’apprendre que Derek est agronome pour le gouvernement du Queensland. Il s’occupe plus particulièrement d’adapter les systèmes de fertilisation azoté pour réduire les risques de pollution au niveau de la Grande Barrière de Corail. Une véritable aubaine dans le cadre de notre projet et surtout car nous sommes aussi étudiant en Agro-écologie à LaSalle Beauvais. Voir un exemple concret avec un expert a été une vraie opportunité.

Derek nous a présenté en quoi consistait son travail avec des vidéos qu’il a eu le plaisir de produire. Remarquant que nous étions très intéressés, il nous a proposé une sortie sur le terrain avec lui. Nous avons bien sûr accepté sans la moindre hésitation.

Notre sortie sur le terrain avec Derek

Récolte des cannes à sucre

Dès notre retour sur Cairns, après 3 semaines de Wwoofing dans la région des Tabbelands, Derek nous a récupéré en ville pour assister à la récolte des cannes à sucre et à un essai de fertilisation avec une nouvelle machine.

Nous avons commencé la visite en début d’après-midi sur une parcelle à environ 15 min de la ville. Nous avons pu voir le ramassage des cannes à sucre effectué par deux personnes conduisant deux machines très impressionnantes (voir photos). L’une des deux machines coupe et broie les cannes à sucre puis la deuxième récupère la partie de la canne qui sera utilisée par l’industrie plus tard. Une partie de la biomasse sera utilisée comme couvert végétale afin de protéger le sol, garder un certain niveau d’humidité et limiter la propagation des mauvaises herbes en stoppant les rayons du soleil.

Les cannes à sucre sont ensuite vidées dans différents wagons, situés à proximité de la parcelle, et seront ensuite acheminées directement vers l’usine de traitement pour l’extraction du sucre.

Calibrage de la machine et essais sur champs

Nous sommes ensuite allés, avec Derek, rencontrer le propriétaire de l’exploitation pour effectuer le calibrage d’une machine. La machine en question est utilisée pour la fertilisation des cannes à sucres, on peut y régler le débit de fertilisation en matière azotée par exemple grâce à un système d’engrenage qui contrôle tout le système.

Nous avons pu participer aux calculs pour définir la quantité d’azote à épandre sur la parcelle et Corenthin a même pu poser les balises de repérage pour le tracteur et monter à bord pour mieux comprendre l’opération. Le propriétaire de l’exploitation est un ami de Derrek et se porte volontaire pour cette expérimentation. Le but est de voir si, en réduisant la fertilisation azoté et donc les coûts, nous pouvons avoir des rendements équivalents. De plus, réduire la fertilisation évite de saturer le sol en azote et protège donc tout l’écosystème au alentour comme la Grande de Barrière de Corail.

Derek procède donc à un suivi de ces différentes parcelles pour analyser l’évolution des cultures dans le temps et comparer les essais avec une fertilisation conventionnelle plus gourmande en azote et moins respectueuse de l’environnement.

Réduire les intrants en azote permet de limiter les risques de lixiviation, c’est à dire, qu’en ajustant au mieux les paramètres de fertilisation pour trouver une dose optimale pour la plante on éviterait de saturer le sol en azote. De fortes pluies succédant à un apport peuvent faire descendre la forme nitrique de l’azote (NO2) en dessous de la zone racinaire et entraînent un lessivage en cas de saturation en eau du sol (cf. schéma).

Figure 1 : Cycle de matière et flux d’énergie dans un écosystème naturel 

Source SVT Lycée Jaufré Rudel

Source SVT Lycée Jaufré Rudel

         

A propos de l'auteur Voir tous les articles Site web de l'auteur

Corenthin

Corenthin

Jeune globe-trotter originaire du Sud-Est de la France. Je suis passionné par le monde qui nous entoure, l'environnement, la nature et les cultures locales. Actuellement basé en Asie, je prends du temps pour rencontrer les locaux et retranscrire mes impressions et anecdotes sur la toile.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *